• Arthur Prigent

De la formation à la formation

De l'apprenant au formateur.


L'horizon professionnel bouché par les circonstances actuelles, et ceux malgré de gros efforts, je décide de m'engager pour une année scolaire au sein d'un centre de formation du bâtiment. Je ne pourrais pas rester plus longtemps "à ne rien faire", j'ai besoin de me sentir utile d'un point de vue professionnel et l'expérience qui me tend les bras m'attire.


Un déménagement express à Rennes et je me retrouve débarqué devant une classe de CAP pour un cours de Mathématiques, puis dans la foulée devant une classe BP pour un cours de sciences. Le ton est donné, il faudra faire preuve de souplesse et de réactivité au cours de cette année, mais le challenge est intéressant. J'ai jusqu'ici toujours été du côté de l'apprenant, je me retrouve aujourd'hui de l'autre côté du mur. L'expérience humaine s'annonce aussi atypique et riche, tant la diversité des profils émerge instantanément à l'entrée au sein du CFA. Les collèges formateurs sont accueillants, tout comme la ville de Rennes. Je me retrouve pas trop loin de mes proches pour quelques temps, ce qui n'était pas le cas sur ces 4 dernières années, je compte donc bien en profiter.


L'année démarre très vite et je me retrouve forcément noyé sous le travail, je ne connais ni l'organisation, ni les logiciels, ni même la pédagogie mise en place au sein du CFA. Je donnerai des cours sur 3 niveaux en mathématiques, et sur 2 niveaux en sciences. Je dois donc produire rapidement du contenu pour animer ces cours qui s'enchainent à vitesse grand V.


Confinement et cours à distance

Rapidement le COVID nous rattrape tous et nous devons changer d'organisation, les cours sont désormais pour une bonne partie en distanciel, organisé sous forme de visio. Il faut désormais produire du contenu (des cours donc) pour des étudiants en face à face sous forme de cours classique, mais également prévoir du contenu en ligne sur une plateforme spécialement conçue, et enfin s'assurer que les notions ont été acquise lors de visio dont les apprenants ne trouvent parfois par l'entrée, ni la sortie.

La situation est compliquée, et encore plus clivante. Les élèves en difficulté se retrouvent largué derrière dès outils numériques qu'ils ne maitrisent pas, et ceux dont les capacités le permettent s'ennuient rapidement à passer des journées entières derrières des ordinateurs, eux qui ont choisi une formation professionnalisante et qui ont l'habitude de passer leurs journées actifs, sous des chantiers, au grand air. Plus que de la souplesse, il faut désormais faire preuve d'ingéniosité, d'originalité et de robustesse, le contenu est de plus en plus personnalisé pour diminuer au maximum cette distance imposée.

Beaucoup de réflexion me viennent durant ces longues journées, j'apprécie être à proximité des élèves mais je m'aperçois également que beaucoup d'entre eux ne sont pas à l'aise, mais nous n'avons ni les clés ni les leviers pour améliorer cette situation, ce qui pose forcément problème.


L'expérience

L'expérience, est elle forcément très intéressante et me permet également de m'améliorer du point de vue de la communication, il faut être à l'aise et confiant face à ces jeunes qui sont parfois motivés, parfois dépassées, par fois ailleurs. Il faut être précis, dans ses explications et dans son contenu, chaque information a son importance évidemment, l'erreur est permise mais je m'engage au maximum pour ces matières qui ne sont pas destinées à être au coeur de leur métier, puisse leur servir de support à un développement personnel et un enrichissement permanent. Les cours de sciences me laisse naturellement un peu plus de place pour la discussion, pour l'échange sur des sujets variés et parfois éloignés du programme. Ce sont pourtant souvent les discussions les plus sincères et les plus engagées. Thomas Pasquet et ses expéditions, le COVID et ses variants, l'adolescence et ses questionnements divers servent de support à l'échange, à l'apprentissage, et au développement, tant pis si le programme n'est pas respecté à 100% à la fin de l'année, l'évaluation continu des CAP permet une certaine souplesse.







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